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Petit séjour à Paris. Comme d'ordinaire, c'est l'occasion de me souvenir à quel point "Paris quand tu ne fais rien, t'aimes bien. Cannes tu ne fais rien mais t'aimes PAS" selon la phrase de deux anciens élèves que j'ai croisé rue de Rivoli -je croise toujours quelqu'un from le sud, et presque à chaque fois il s'agit de quelqu'un que j'apprécie, alors qu'à Cannes quand je croise des élèves (dans la rue, sur la plage, ou pire quand j'ai la tête DANS le sable et PAS de haut de maillot et qui vient me parler QUAND MÊME), ça m'irrite. Enfin passons.

J'aime toujours:  -Aller chez Kiliwatch (parce que son odeur est une madeleine de Prout, ie comme le métro, ça pue un peu tout de même mais ça me rapelle des trucs sympas). Même si je voulais à presque tout prix une chemise en jean usette et que j'ai finalement refusé de la payer plus cher que chez Les Vices, même si le portant des pulls en laine à la tyrolienne est juste absolument impossible (nan, même pas au ski.). Même si j'ai pas pu envisager de rendre hommage aux eighties avec tous ces spencers épaulés et tout ce polyester moiré qui me lançait des œillades. Que je suis sortie avec au total zéro achat, en me disant qu'il faut y aller plus régulièrement (dix ans de cette réflexion) pour y dénicher des perles.

-Sortir avec en revanche beaucoup de choses (grises, car infidélité au noir dûment à ma bonne humeur de vacances) de chez American A******, où un vendeur tout à fait drôle m'a dit que si je lui donnais mon adresse, il voulait bien venir me visiter. (N.B: dans les A.A pour hommes, on a de l'humour ET de l'audace, voire de l'imagination parce qu'après tout j'étais en jogging, oui, en jogging, ne sois pas déçu ami lecteur, c'est un fashion statement*).

-Trouver qu'on passe beaucoup de temps dans les transports en commun. Me demander quand est ce que la ligne 1 sera doublée, car c'est systématiquement le bazar là dedans et que rien ne m'horripile comme un écrabouillage de la face contre la vitre (pas clean) du wagon. Constater que se ravitailler intra muros c'est: la ruine, que le prix de mon paquet de Bichoc à 3,25 euros (alors que 2,10 chez moi, ooh bonne mèèèèère!) risquerait à terme de m'envoyer en prison pour dette. Imaginer tout un tas de soluces pour améliorer la vie quotidienne du  voyageur et de l'individu dans la ville, en attendant qu'on me demande mon avis.

-Avoir le nez en l'air et me souvenir combien c'est beau et vaste et admirablement disposé, tout ce béton. Promener et tomber sur des images urbaines qui me séduisent ou des vues transverses, biscornues. Un peu comme un spectacle perpétuel.  DSC00453 - Copie (2)

 

J'aime toujours pas: -Les bobos. Vais pas me faire des amis sur ce coup là mais décidément, je gerbe tout ce qui est attendu, convenu, et qu'est ce qu'il y a de plus convenu que d'aller au marché d'Aligre avec un panier équitable, Marly hebdo dedans, des lunettes rondes et un gamin sapé années 50? Sans déconner? Ma préférence continue de s'orienter vers les originaux, les purs devrais-je dire, ceux qui ne craignent pas d'aller aux courses en jupe (créature croisée Pont de Neuilly dans ton kilt avec des baskets, si tu me lis: je t'aime, je veux être toi dans ta toi-ittude). Exemple aussi, cette japonaise fantastique habillée de pois et de plumetis de la tête aux pieds (hommage à Yayoi Kusama je ne sais pas, en tous les cas elle avait un air passablement secoué qui m'a ravi) que j'ai voulu épouser mais qui m'a éconduite.

-M'apercevoir que je n'aurais ni le temps pour Diane Arbus, ni celui pour le cycle sur la mélancolie (avec sa belle affiche un peu propice au suicide c'est vrai) ni celui de blablater avec ma sœur comme il se doit. 

-Les files d'attentes. Là, je frôle le malaise, ok personne n'aime mais c'est au dessus de mes forces. J'ai coupé toutes les files que j'ai pu, j'ai doublé tout le monde devant le bus pour Nanterre, hchouma! alors qu'il y avait plein de gens qui sortaient de leur taf et qui méritaient de rentrer chez eux plus que moi, syndrome "la mémé dans le bus à la sortie des écoles, juste pour emmerder", je sais c'est pas bien. Le temps, au delà de ça, denrée rare de l'existence parisienne, truc qui disparaît entre deux transports en commun, du sable qui file à toute vitesse et qu'on ne peut pas rattraper. Le manque de temps est une constante de mes séjours et de la vie dans la capitale.

-La peau pourrite, résultat évident de -peu de- jours étouffée dans des endroits pas aérés, sans air marin (elle est habituée ma peau), sans air tout court, en présence d'un billion de microparticules cradoc qui voltigent partout et comme qui dirait en particulier en direction de myself. Résultat possible de l'abandon de mes principes végétariens sectaires (je sais me tenir, et je m'adapte quand je suis reçue chez des carnivores), éventuellement renforcé par la loi du double-goûter (le 1er composé de deux fruits secs et d'un bidon d'eau, le second, vingt-quatre minutes après, de deux croissants au nutelloche suite à une hypoglycémie pressentie comme mortelle).

* fashion statement: anglicisme raffiné permettant de noyer le poisson devant les gens ne causant pas UK. Désigne en réalité un vaste n'importe quoi vestimentaire. (Synonyme: destruction définitive du potentiel séductif d'une tenue).