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Ce "soir", comme tous les soirs de la semaine, parce que j'ai un Chef Compréhensif, et un job ultra compatible aussi, je termine ma journée d'école de travail à 16h30 (yeeees, it is possible, dans le MarieMonde). Comme déjà évoqué, j'ai moins de cinq minutes de trajet à pieds pour revenir à la maison. Ce qui signifie que, dès lors que Poupoune ne se planque pas dans un coin de la cour pour continuer à jouer avec ses potes pendant que je crie son nom (hiiiin, je reste au taff, moi, pour jouer avec mes collègues??), nous sommes de retour au bercail à 16h40, allez, 16h45 mais alors à tout péter.

Désape, déchausse, desserage de ceinture, goûter, pifpof les devoirs (Poupoune est une flèche, et autonome en plus, il ne passe pas une plombe à savoir combien il faut de F à éléphant, donc les devoirs c'est "droit au but", pour employer un terme poupounien). Ci après, je fais deux-trois conneries (ie pas le ménage de printemps, ni tonte de pelouse, ni nettoyage de plinthes rien de ce genre) et comme par un mystérieux truchement il est 18h, heure à laquelle Femme méthodique (moi, à cette heure là) se "lance" dans la préparation d'un petit frichti pour le dîner, histoire de ne pas se laisser déborder. S'ensuit séance de Poupounerie vespérale (discussion +ablutions + nettoyage à l'oxygène actif + prévision de la tenue pour le lendemain + négociations "non, j'aime PAS ce polo" etc). Là dessus, Époux arrive "Bonjour mon Amour (-wesh, ça va toi?), bonne journée mon Amour? (-bienbien)", donc intendance liée à son retour (Époux, ce grand enfant, s'amuse à disperser ses vêtements aux quatre coins de l'appart', c'est tellement amusant, quel grand fou, enfin, il faut bien rigoler un peu dans la vie). 19h30, la famiglia passe à table, puis vaissellounette (pas de quoi s'affoler là non plus: on est trois, et je procrastine de manière systématique la préparation du Plat Aux Douze Casseroles). Dernière ligne droite avec le petit coucher du Roi (20h15), suivi du grand coucher du Roi (20h30, Ooh, ça suf-fit Poupoune, tu exagères), qui s'achève -pas tout le temps, hein- par une série de menaces (si tu ne vas pas dormir...et ben...et ben...et ben...et ben vaudrait mieux que tu y ailles, tu vois, je préfère qu'on n'en parle même pas.), une série de concessions (Ok pour deux histoires, pas trois, qui est-ce qui commande encore?).

Bon, c'est cool, j'ai du temps pour moi maintenant, à cela près qu'il est 21h. Que ça fait un peu tardif pour entamer un truc, sauf à vouloir rester éveiller une partie de la nuit -celle qui compte double en qualité de sommeil/ si tu la bâcles, laiiiiide au réveil tu seras-. Sans compter que: 1) pas téléphoné à Paternel. Ni à mes sœurs. 2) pas envisagé une seconde de m'amuser -couture de choses, peinture de trucs, enfilages de machins, lecture de bidules-. 3) doit parer à l'hygiène de base et m'occuper de Crinière-encore-humide, sinon laiiiide au réveil tu seras encore plus. 4) je vais mourir burn-outée si je trouve de quoi faire un 4).

D'où cruciale question: COMMENT FONT LES AUTRES? Voire: LES AUTRES FONT-ELLES?

Sont-ce les nounous, les études surveillées, les plats surgelés qui prennent le relai? Comment s'organisent les femmes au quotidien pour ne pas se faire voler un à un leurs créneaux horaires, et finir H.S??

Le nœud du problème n'est pas de s'en tirer, même pas trop mal, ni de "tout boucler, tout checker, tout terminer dans des délais corrects"...ce type d'enjeu tient de l'impératif professionnel, n'est-ce pas?

Est-ce que dix-douze heures d'activité utile par jour ne sont pas déjà suffisantes? Ne pourrait-on pas débrancher deux heures par journée pour soi, et envisager d'avoir droit à une détente et un bien-être quotidiens systématiques? J'ai l'impression d'énoncer une grossièreté tant je me rends compte que pour la citadine alpha ce mode de vie est impossible. Presque honte de penser qu'une journée normale, ce devrait être autre chose qu'un tiers de fardeau pour un tiers de plaisir (le troisième tiers, il faut dormir sinon laiiiide au réveil, etc).

Je suis en train de m'apercevoir que le temps est devenu un véritable luxe, à quel point nous passons le plus clair de notre existence (et je sais aussi à quel point je suis un exemple isolé de rythme de vie à la cool) à optimiser les minutes et à anticiper.

Voilà, ce soir pour remplir le créneau 21h-23h, je vais être triste pour le genre féminin.