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La journée était magnifique. Depuis que le printemps s'est décidé à pointer le bout de son nez, mon humeur remontait tranquillement en flèche. Lever à 10h du matin, dimanche en famille avec six millions de bisous de ma tribu de nièces et petites cousines, déjeuner en plein air, détente, tout ça.

Aujourd'hui, après avoir déposé Poupoune à son stage de ballon rond, j'ai pris mon -bon- temps pour me promener le long de ma (oui, quand j'ai le moral, la ville m'appartient) Croisette. Je trouvais absolument tout chouette. Les touristes heureux, le ciel bleu me souriait (oui, quand j'ai le moral, la poésie fleurit en moi), la mer ronronnait à mes oreilles comme un chaton nouveau-né doux et gentiment poilu (oui, quand j'ai le moral, on peut penser que j'ai pris des acides, un peu), en sirotant mon jus de pamplemousse vautrée comme une moule sur les chaises azur, j'étais amoureuse du monde, j'avais envie de crier cet amour à tous, de hurler des trucs comme "Aimons nous les uns les autres, soyons gentils, bienveillons ensemble, oui, même toi l'enculé qui roule à 370 au bord de mer, oué, oué, peace and love et tout et tout". Bon, je n'ai pas mis cette menace idée à exécution, mais l'intention y était.

Ce soir, apaisée par l'air pur du bord de mer, le flow des flots (comment? Oui, on touche le fond), l'achat d'un haut de maillot de bain parfaitement désassorti à l'intégralité de ma collection de bas de maillot (dans l'esprit united colors du n'importe quoi), bref, j'étais au delà du cool. Limite l'Homme m'aurait proposé d'aller élever des chèvres en Ardèche je claquais ma lettre de dem'. Limite.

Pour dire: j'enfilais des perles devant Top Chef en chantonnant et en riant à gorge déployée (bon, dit comme ça c'est juste flippant, mais en vrai tout va bien). 

Et quoi donc, me direz vous? Et ben: les infos, une série d'explosion aux USA. Les chaînes d'information en mode Géroooooonimooo. Les flashes, les dépêches, les interviews du gouverneur, les réseaux sociaux qui explosent de messages, certains juste respectueux, d'autres forcément dans la revanche et la colère.

Alors je veux juste dire un truc. Facile, vous me direz, de s'exprimer sur un blog assez confidentiel, facile et lâche de ne pas crier plus haut des choses qui nous tiennent à coeur... Tant pis, m'exprimer ainsi, ici et pas ailleurs, comme ça et pas autrement, ça me fait du bien. Alors voilà:

JE GERBE LA VIOLENCE JUSQU'AU DERNIER SPASME DE MES INTESTINS PACIFIQUES.*

Tout, dans l'offensive, me bouleverse et bouleverse l'idée que je me fais du monde idéal. Je ne crois pas du tout en la violence. Ni préventive, ni répressive, ni rien: je la vomis sous toutes ses formes immondes et destructrices. Je réfute le concept qui dit qu'un monde sans violence ne peut exister. Pourquoi cela n'existerait pas? Pourquoi on ne désarmerait pas tout ce qu'il y a à désarmer, purement et simplement? Qu'est ce que j'en ai à foutre des fabriquants d'armes et de leur chômage? Tu te promènes dans une ville étrangère, tu viens visiter un endroit et paf, tu sautes dans une explosion dont tu es le malheureux dommage? Le hasard qui te fait naître te donne à vivre dans un pays en guerre, une guerre que ni toi ni tes enfants ne choisit, et ton sort ce serait d'espérer, juste espérer ne pas mourir, sans autre forme de vie que la survie, tout ça parce que quelqu'un d'autre a décidé que pour se faire entendre, connaître, voir il faut employer des gros moyens et causer des dégats? La faute à pas de chance? Non.. la faute à pas de chance c'est pas ça, le mauvais hasard c'est pas ça.

La malchance c'est quand en pleine nuit tu te manges la porte que tu pensais avoir laissée ouverte. Lorsqu'un tiers pose du plastic dans une boutique de disques, ou sur les rails d'un train, le hasard n'a rien à voir, la chance non plus. 

Ça et là des gens meurent parce qu'un connard, ou un groupe de connards trouve que son action mérite d'éclater des innocents, justifie son geste par je ne sais quel fanatisme, ou folie, ou délire. C'est quoi cette horreur? Ça va durer combien de temps ce massacre? Et je ne crois pas que la réponse soit "ça durera tant que l'homme sera homme". Le globe est couvert de personnes pacifiques et non violentes et anti-armes..

Pourquoi, sérieusement, ne pourrait-on imaginer que ceux qui ont envie de se mettre sur la gueule à coup de bombes, d'armes à feu, de coups de poings, de pieds, à coup de coups, pourquoi ne partiraient-ils pas tous se mettre sur la gueule, si ça leur semble indispensable et obligatoire, dans un territoire unique et délimité, loin des gens qui veulent -juste- vivre dans la paix et la non agression?

Si l'homme tient absolument à être un loup pour l'homme, il serait bien inspiré de vivre son truc loin de ceux et de celles qui n'ont rien demandé. Qui veulent juste continuer de croire qu'il y a autre chose que cette merde là en l'humanité. 

Bon, je retourne grogner dans mon coin..

 

* Notez la construction particulièrement étudiée tant d'un point de vue anatomique que syntaxique.