imageAvant, quand les gens disaient "j'ai mal au dos", j'étais compatissante pour la forme, mais ça me semblait lointain et je ne me rendais pas compte de ce que c'était comme handicap.  Mais comme le changement, c'est maintenant, je me suis réveillée un beau (sale plutôt) matin avec l'omoplate en omelette, le bras complètement douloureux, comme si une équipe de mammouths rygbyphiles avaient décidé de s'asseoir sur mon flanc, trouvé ça super confortable et avaient poursuivi leur squat en trampolinant dessus (ou comme si mes em@#%rdes avaient décidé d'élire leur siège à ces deux endroits de mon corps, aussi, les explications à deux balles me conviennent) . Impossible de lever les bras, ni la tête, aucune position confortable ou même à demi-confortable pour dormir, station assise pénible, bref, paralysie humaine et sociale, impossibilité de faire du sport, de nager (c'est con, c'est l'été hein).

Mon médecin habituel, qui a manifestement lâché prise complet, a pris un mois de vacances sans prévenir, ce qui m'a copieusement énervée..jusqu'à ce que je me souvienne que nous n'étions pas exactement liés par quoique ce soit si ce n'est cette obscure relation qui consiste à me mettre en culotte lorsque j'ai mal à l'oreille, répondre au téléphone lorsque je lui demande si c'est grave, je sais pas moi, que mes tympans crachent des sangsues , me dire "attendez une seconde "non, ce ne sont pas les voiles que j'avais commandé bon sang!!"...ouii ouala, que disiez vous déjà?-Rien, laissez tomber" Donc nos relations se déteriorant, j'ai pris la décision de le quitter, oui, de quitter mon médecin. Ah ça a été dur, presque aussi dur que de retenir ses horaires d'ouverture complètement farfelus, aussi difficile que de comprendre pourquoi je me retrouve avec quinze jours d'antibios ou de cortisone alors que je voulais juste une ordonnance pour des chaussettes de contention (sexy mama), tout aussi difficile que de me souvenir ce qui m'avais fait choisir CE médecin traitant, à la base (la proximité? L'idée qu'il soit toujours prompt à me proposer un arrêt de travail de dix huit semaines, pour commencer?? Qu'il ne me casse pas trop les pieds en me disant que fumer, c'est mal mais c'est pas grave???).

Après recherches sur les pages jaunes, j'ai trouvé le nom d'un médecin généraliste pour lequel on avait laissé un avis google positif..et j'ai tenté. J'ai réussi à obtenir un rendez vous dans la journée (ce qui peut paraître chelou, me direz vous, on s'imagine vite un cabinet hanté avec un vieux practicien alcoolique et déserté par sa clientèle..méfiante, moi? Meuuuh non).

Et j'ai l'impression, depuis deux visites, d'avoir enfin trouvé le docteur qu'il me fallait. Celui qui ne te donne pas immédiatement une ordonnance de saloperies, celui qui t'écoute, qui écoute vraiment et qui entend, du coup, vraiment, qui tape dans le mille de tes problèmes et qui veut dénouer tout ce paquet de nerfs qui te rend malade. Un docteur qui envisage les symptômes, et arrive à lire dans les causes profondes de ton mal, qui coupe les branches et arrache la racine des mauvaises herbes qui poussent en toi (weuuuuahhh, putain c'est beau). 

Sincèrement, lorsqu'on a en face de soi quelqu'un que l'on sent disposé à te soigner profondément, à prendre soin de ta santé sous tous ses aspects, on remercie la terre entière, la fac de médecine, les chinois pour avoir inventé l'acupuncture, limite on se remercie soi-même d'avoir été pas bien pour avoir frappé à cette porte là. Quand en plus on apprend que ledit médecin facture ses consult' généralistes au plus bas prix, qu'il se déplace à domicile, c'est la panacée. 

Une séance d'ostéo par dessus parce que quand même, je me suis salopé le dos bien comme il faut (n.b: le yoga, c'est cool. Le prof qui te fait faire le poirier sur la tête au premier cours, sous prétexte que tu as des bases solides dans un autre sport, c'est pas cool, c'est dangereux, voire complètement inconscient) (je dis ça parce que je pense sérieusement que j'ai pu me causer du tort en tenant des postures de confirmé lors de mon premier stage) (et qu'un bon prof, de yoga ou de n'importe quelle discipline, doit prendre en compte les limites de ses élèves, au lieu de les pousser à se déchirer, pour les épater) (non mais.).

Voilà, spéciale dédicace à mon nouveau sauveur de ma santayyyy.  Merci mille fois.