Le palais des festivals est investi pour trois jours par le Festival des jeux. Tous les jeux, tous les genres (= genre tu peux te faire humilier en six coups* et en public par un Poupoune qui t'aura bien caché sa progression aux échecs, mais genre tu peux pas prendre ta revanche au scrabble puisque les douze tables sont squattées en permanence par l'Amicale des scrabbleux cannois).

"Maman, je peux y aller tout seul avec mes copains au festival des jeux?". Non mais ça va pas la tête?

Bon, de toute évidence trois jours c'est peu, la foule est énorme, même sur un créneau a priori désert. J'avais un peu mal à la tête, mal aux yeux aussi vu que Poupoune est désormais porté sur les sabres lasers et autres clignotants vidéos, qu'il commence là dessus à prendre un ascendant physique sur moi et que c'est désormais moi qui suis avec une résistance moindre, le bras tiré en direction de la world game cup de jeux vidéos de combat. Ah non, Poupoune, c'est trop violent ("bé quoi, moi je trouve que c'est bien la violence" "tu es trop petit" "non c'est pas vrai, je veux voir des gens avec les yeux arrachés", bref, discussions stériles= je perds toute crédibilité quand les ahuris spécialistes du jeu de rôle, déguisés en personnages horribles avec faux saignements et globes énucléés prennent mon Poupoune dans les bras et qu'il trouve ça génial).

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Un stand super-beau, selon Poupoune.

Par chance, je croise des copines, aussi miraculeusement crevées que moi, miraculeusement accompagnées par leurs Machins (Machins, ce sont les copains de Poupoune, elle est belle la vie) et par chance, l'organisation du palais est toujours à la pointe, donc merci au coin café à proximité des horreurs jeux pour petits mecs.

photo(33)Allez, j'avoue qu'il y a tout un tas de trucs très chouettes à découvrir, je ne vais pas la jouer blasée, j'adore jouer tout court. On trouve souvent des jeux de sociétés rigolos, on peut voir le plus grand baby-foot du monde (super, on est onze de chaque coté, ce qui équivaut à toucher la balle une fois en trente minutes, pas chiant).

J'en profite pour mettre le lien sur un jeu crée par un copain, pour musicos avertis, une bonne idée, ici.

J'ai réussir à sortir du palais vers 19h (vannée, plus d'oreilles, plus de voix, plus ri-en), Poupoune me dit environ mille fois qu'il m'aime (comme à chaque fois que je cède sur un laps de temps, "encore cinq minutes", ai-je dit vers 17h30, une vraie lavette), qu'il veut m'acheter un sac de dedans la vitrine-là, si ils me plaisent, tellement qu'il m'aime (il est fou: c'était la vitrine de Gucci. T'as combien sur toi mon Poupoune?), que je suis la plus gentille ET la plus belle des mamans, qu'il m'aime tellement qu'il me fera une ricoré en rentrant à la maison. Mon dieu, j'adore ce gosse.

"Maman, je peux y retourner demain, tout seul avec mes copains?".

Non mais ça va pas la tête? Emmène Papa, sinon il sera triste.

 

*Pu****, ça craint vraiment, ça s'appelle le coup du berger, et j'ai rien vu venir, à peine eu le temps de sortir deux pions et une tour.

Et son prof d'échec, qui qu'est ce qu'il fout là, lui? était dans les parages, a tapoté sa tête et m'a regardé avec un soupir dans les yeux (ouais, un soupir dans les yeux, à la: "on est d'accord, il tient pas ça de toi, ma petite"). Une boucherie.